Si je n’avais pas été fan de ce duo légendaire, je n’aurai jamais entendu parler de ce long métrage. En effet, à faible médiatisation mais à concept assez dingue, Interstella 5555 aurait eu tout pour plaire. Malheureusement, les génies n’ont jamais été compris ou encore approuvés.
En réalité, le nom complet du film est “Daft Punk & Leiji Matsumoto’s Interstella 5555 : the 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem”. Ce film n’est en fait que la fabuleuse rencontre entre les fantastiques dessins d’Albator et de nos deux robots. Oui souvenez-vous, “One More Time” ou encore “Harder, Better, Faster, Stronger“. Alors, vous vous rappellerez surement des quatre premières chansons de l’album “Discovery” et de leurs clips révolutionnaires. Car oui, imaginez maintenant leurs suites, imaginez que l’ensemble de cet album serve de support à un film. Un film qui sera un classique de l’animation. Rentrez dans cette univers euphorique et laissez-vous bercer.
Mettons les choses au clair, ce n’est pas un simple clip/film, c’est bien plus encore. Pour son histoire à la limite de la subversion, mêlant fable et science-fiction innovatrice, un producteur terrien se rend sur une planète étrangère pour enlever le meilleur groupe de la galaxie. Il va alors leur laver le cerveau et les rendre comme de fantastiques humains lobotomisés. Ainsi des superstars sont nées, les “Crescendolls” changeront à jamais l’idéologie de la musique. “Heureusement”, un héros veille sur eux, fou amoureux de la guitariste, il s’enrôle dans cette incroyable mission…
Innocent au premier abord, n’est-ce pas ? Le titre ne l’est évidemment pas. A travers cette épopée, Daft Punk dénonce. Il dénonce le “star system” et sa meute de loups aux crocs acérés, prêts à sacrifier la vie d’artistes sur l’autel du disque d’or. On passe du ridicule “MTV Music Awards” où “Crescendolls” est roi, au pseudo détournement du logo “Coca-Cola”. Dans ce film peut être pas si différent d’un livre “Hugo“, Daft Punk usent sans scrupule de références et clins d’œil.
Quant au film en lui-même, quelques rare bruitages et encore moins de dialogues, le film ne se tient qu’à la bande sonore de l’album, qui est lui, diffusé dans le bon ordre. Autrement dit, et c’est ce qui donne tout le cachet au film, c’est “Discovery” qui nous raconte l’histoire. Car en effet, bien plus que les images, ce sont les musiques qui donnent le sens, l’enchaînement et l’ascension du groupe. A présent, l’album n’existe que par le film, et on arrive à se demander comment il aurait pu exister sans lui…
De son côté, si nous sommes en phase à une véritable monté du groupe, l’animation en fait de même. Très “old-school” dans l’immédiat, une animation haute en couleur, un format 4:3 et une qualité affreuse au début, ces détails ne sont que minimes face à la jouissance du titre. Car un des point à marquer, le trait des desseins s’affine considérablement au fil des musiques. Alors oui, Interstella 5555 fait mal, très mal et “One more time” prend tout son sens…
“Encore une fois”.
Soulanubis aime beaucoup.






