Interstella 5555

•20 septembre 2008 • Laisser un commentaire

Si je n’avais pas été fan de ce duo légendaire, je n’aurai jamais entendu parler de ce long métrage. En effet, à faible médiatisation mais à concept assez dingue, Interstella 5555 aurait eu tout pour plaire. Malheureusement, les génies n’ont jamais été compris ou encore approuvés.

En réalité, le nom complet du film est “Daft Punk & Leiji Matsumoto’s Interstella 5555 : the 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem”. Ce film n’est en fait que la fabuleuse rencontre entre les fantastiques dessins d’Albator et de nos deux robots. Oui souvenez-vous, “One More Time” ou encore “Harder, Better, Faster, Stronger“. Alors, vous vous rappellerez surement des quatre premières chansons de l’album “Discovery” et de leurs clips révolutionnaires. Car oui, imaginez maintenant leurs suites, imaginez que l’ensemble de cet album serve de support à un film. Un film qui sera un classique de l’animation. Rentrez dans cette univers euphorique et laissez-vous bercer.

Mettons les choses au clair, ce n’est pas un simple clip/film, c’est bien plus encore. Pour son histoire à la limite de la subversion, mêlant fable et science-fiction innovatrice, un producteur terrien se rend sur une planète étrangère pour enlever le meilleur groupe de la galaxie. Il va alors leur laver le cerveau et les rendre comme de fantastiques humains lobotomisés. Ainsi des superstars sont nées, les “Crescendolls” changeront à jamais l’idéologie de la musique. “Heureusement”, un héros veille sur eux, fou amoureux de la guitariste, il s’enrôle dans cette incroyable mission…

Innocent au premier abord, n’est-ce pas ? Le titre ne l’est évidemment pas. A travers cette épopée, Daft Punk dénonce. Il dénonce le “star system” et sa meute de loups aux crocs acérés, prêts à sacrifier la vie d’artistes sur l’autel du disque d’or. On passe du ridicule “MTV Music Awards” où “Crescendolls” est roi, au pseudo détournement du logo “Coca-Cola”. Dans ce film peut être pas si différent d’un livre “Hugo“, Daft Punk usent sans scrupule de références et clins d’œil.

Quant au film en lui-même, quelques rare bruitages et encore moins de dialogues, le film ne se tient qu’à la bande sonore de l’album, qui est lui, diffusé dans le bon ordre. Autrement dit, et c’est ce qui donne tout le cachet au film, c’est “Discovery” qui nous raconte l’histoire. Car en effet, bien plus que les images, ce sont les musiques qui donnent le sens, l’enchaînement et l’ascension du groupe. A présent, l’album n’existe que par le film, et on arrive à se demander comment il aurait pu exister sans lui…
De son côté, si nous sommes en phase à une véritable monté du groupe, l’animation en fait de même. Très “old-school” dans l’immédiat, une animation haute en couleur, un format 4:3 et une qualité affreuse au début, ces détails ne sont que minimes face à la jouissance du titre. Car un des point à marquer, le trait des desseins s’affine considérablement au fil des musiques. Alors oui, Interstella 5555 fait mal, très mal et “One more time” prend tout son sens…

“Encore une fois”.

Soulanubis aime beaucoup.

Orange

•12 septembre 2008 • 2 commentaires

Si sa popularité chez le large public n’est pas à affirmer, son potentiel a cependant été reconnu par la fine lecture des connaisseurs. Car oui, Orange est ce que l’on appelle le “nec plus ultra” des livres chinois (manhua). Orange en est donc plus une simple œuvre, Orange vous parle, se confie… Vous plonge et vous torture, elle murmure à l’oreille… Elle murmure ses sanglots parachevées de tristesse…

Ce jeune artiste surdoué s’est propulsé à travers les plus grands. Très sensible et inquiet pour l’avenir de sa génération, controversé il l’est… C’est par des esquisses d’une intensité rare et des portraits criants d’émotions que BENJAMIN dénonce. Par le biais de ce “miroir”, le reflet de la jeunesse ne veut pas la compréhension, elle veut se sortir de sa propre détresse… Tourmenté, BENJAMIN nous entraine dans son monde sans lumière, l’univers d’Orange, une fille qui aurait été l’amour de son passé. Une histoire tellement déprimante, à la limite de l’acceptable, que l’éditeur n’a même pas voulu la publier. Est-ce une histoire vraie? Ou même une fiction? L’auteur ne le sait lui-même…

Pour une telle histoire, Orange est une fille dite comme les autres, à l’extérieur d’un monde latent pour le moins négligent. Recluse de la société, elle est incomprise et est transfigurée par cette société incertaine. La fille voudrait crier sa tristesse, jeter son dévolu, la communication n’est désormais plus possible. Égoïste nous sommes… Seule elle se sent, seule elle continue… Mais seule tombera dans l’incompréhension. Dans un monde où rêve il n’y a, l’amour semble être la seule porte de sortie. La détresse sera la clé qui fermera malheureusement cette porte à jamais…

Par cette adolescence malade, l’amour, l’alcool, le désespoir où même le suicide, l’ensemble ne forme qu’un trousseau de clés à une serrure qui devient de moins en moins visible… Ces thématiques seront le pilier des travers d’Orange qui par elle, nous transposera les questions existentielles, subversives et imperceptibles que se posent les adolescents.
Ainsi, BENJAMIN s’interrogera sur la sociabilité et la responsabilité. S’inquiétant alors, de l’évolution naturelle d’une jeunesse plus solitaire que jamais. Très philosophique dans l’immédiat, BENJAMIN a compris leurs vies remplies de déboires et s’engage à nous faire comprendre leurs larmes. Comme cité plus haut, Orange n’est plus un simple livre, il n’est que le témoignage d’une tristesse que nous ne pourrons jamais comprendre…

D’un autre point de vu, le livre ne parle pas que par ses textes, il se vit par des dessins d’une beauté extraordinaire. En effet, grâce à des effets de peinture splendides, les émotions n’ont jamais été aussi intenses dans un manga. Par contre, nous remarquerons un petit point noir sur le tableau. Inévitablement, cette histoire se relate en un seul tome et nous empêche de nous attacher réellement aux personnages. Rendant ainsi le coup de théâtre un peu moins dramatique, ce ne sont que les fantasmes d’un lecteur, à ne pas vous déplaire bien sûr…

“Maman regarde… J’ai le visage tout esquinté…”.

Soulanubis aime beaucoup.

Batman: The killing joke

•7 septembre 2008 • 7 commentaires

Reconnu comme l’un des meilleurs albums du Chevalier Noir, “The killing joke” appelé aussi “Smile!”, “Rire et Mourir” ou encore “Souriez!” est un chef d’œuvre d’Alan Moore! En effet, si Les Watchmen (Gardiens), V pour Vendetta, La ligue des gentlemen extraordinaires, ne vous sont pas inconnus. Ces véritables icônes de la bande dessinée ne sont populaires que par leur film. Vous connaissez dorénavant leur véritable essence… heureusement…

C’est par une quarantaine de pages que Moore nous sert une histoire inoubliable, machiavélique et touchante. Alors oui, si vous vous posiez la question d’une intrigue clé des aventures de Batman, vous serez surpris! C’est en effet dans “Rire et Mourir” que le Joker rendra handicapée Barbara Gordon alias Batgirl. Pour les connaisseurs, elle deviendra par plus tard l’Oracle… Cependant, si je ne devais citer que la vrai force de ce scénario, c’est en effet l’histoire tragique de l’ennemi juré du Chevalier Noir…
Utilisant de manière très intelligente le thème de la mauvaise journée, Alan Moore raconte qu’après tout, toute personne peut sombrer dans la folie. Une folie qui est dramatiquement la seule porte de sortie à des évènements qu’on ne peut plus contrôler. Coupée de “flash-back”, Batman s’interroge sur sa destinée éternelle, le combat universel entre le bien et le mal, le combat entre le Dark Knight et le Joker. Batman voudrait le résonner avant que le jour fatidique arrive, le jour où un de ces êtres arriverait à réduire à néant son complémentaire…

Ainsi, c’est en ces débuts qu’un inconnu et jeune homme marié, est aussi un humoriste raté comptant ses fins de mois. Voulant accueillir son enfant dans la richesse et combler sa femme, le naïf s’engouffre dans une histoire sombre, trop sombre pour lui. Lors de la dernière réunion pour préparer son vol, le rêveur apprend que la mère porteuse de son enfant venait de mourir… Une scène très intense, une scène qui change un homme, une scène qui vient de se passer sous vos yeux. N’ayant plus de but, ni même de vie, le meurtri est engainé dans cette histoire si bien connue. Le Noir intervient, le malheureux tombe… L’esprit n’en est plus, le blanc se relève… Le blanc fuit, il en devient le mal… La seule échappatoire à son histoire, sa propre folie… The killing joke en est la journée de sa vie…

Voulant détruire un homme comme lui même l’avait été, le joker s’introduit chez Gordon, tire sur Barbara, enlève le commissaire et déshabille la femme handicapée. Le Joker sans plus aucune limite immortalise le moment… C’est lors d’une mise en scène morbide et effrayante que le joker entraine le père terrorisé dans la folie. Par un monologue d’une richesse rare, Gordon sombre… Les photos de sa fille ne sont que le bouquet final à sa terrible journée…
Batman intervient, le joker fuit, Gordon n’est pas aussi mal en point qu’il le voulait… La scène finale arrive entre les deux dépendants! Le plan du joker n’a pas fonctionné et prouve que certaines personnes sont bien plus fortes que l’on ne croit. Ainsi, Batman et le joker ne sont pas si antagoniste, puisqu’en une journée, leur vie a misérablement tourné au cauchemar éternel. La folie du Batman se focalise sur une course effrénée vers une auto-satisfaction, tandis que le joker transforme son passé en une vaste mascarade et en arrive à oublier ses origines. Une histoire qui devient même plurielle dans sa quête vers l’oubli…

Vous l’aurez compris, Souriez! est une véritable merveille et son scénario n’en est pas la seule force. Les dessins et les paroles vous ensorcellent… Les esquisses sont de grande qualité et vous sont accompagnées par un ancrage de toute beauté, vieillissant très bien dans l’immédiat. Malgré tout, Killing joke est surement l’un des meilleurs albums du Chevalier Noir.

“C’est la folie qui est une alliée!”.

Soulanubis adore.