Bloodmusic (La musique du sang)
Bloodmusic est à l’origine, une nouvelle du romancier de science-fiction Greg Bear, pour laquelle l’auteur a obtenu, ainsi que pour son autre nouvelle Hardfought, deux prix Hugo et un prix Nebula, en 1983.
Elle sera ensuite adaptée en roman, en 1985, qui portera le titre “La musique du sang” en version française.
L’auteur touche à un sujet fort délicat dans cette œuvre, à savoir les coulisses des laboratoires de pharmacologie avec leur coté “publique” et le coté secret de recherche des applications militaires des récentes découvertes biologiques. Le personnage principal, Vergil Ulam, généticien, est employé au laboratoire Genetron. Il participe à la recherche secrète sur un nouvel outil de la santé révolutionnaire, les bio-puces, sorte d’ordinateur vivant de la taille d’une cellule. Cependant, en parallèle, il mène des recherches personnelles sur des lymphocytes qu’il a transformés, améliorés. C’est alors qu’il est découvert et renvoyé. Pour sauver ses précieuses cellules, il se les inocule, se donnant quelques semaines pour les récupérer avant qu’elles ne soient toutes détruites. Mais c’est seulement quelques semaines plus tard qu’il se rend compte des changements…
Ce roman futuriste, mais néanmoins d’actualité nous emmène dans l’univers des petites cellules de notre organisme, où elles donnent des indications à leur porteur de ses états d’âmes et de santé par l’intermédiaire d’une communication qui vient de l’intérieur, à la manière d’un double. Ces nouvelles cellules améliorées ou noocytes sont aussi capables “d’améliorer” leur hôte de différentes façons. Les cellules intelligentes vont suivre leur chemin sans pour autant toucher à certains de nos narrateurs pour une raison inconnue.
Le style d’écriture est très fluide, se lit facilement, excepté quelques mots tirés du vocabulaire scientifique pour les lecteurs non avisés. Cependant, le fil de l’histoire n’en est nullement entravé. Il est cependant regrettable que la seconde partie concernant Michael Bernard traine en longueur, mais l’auteur pallie à ce défaut en choisissant cet instant pour introduire de nouveaux narrateurs, ce qui s’est peu remarqué dans la première partie puisqu’ils font partie de l’entourage de Vergil.
Un roman de SF donc assez convainquant qui nous laisse facilement imaginer un tel futur plutôt apocalyptique et qui soulève en nous les questions inquiétantes de la folie ou du génie de la recherche biologique.
“A chaque pulsation de son sang, une espèce de son montait en lui comme un orchestre qui jouerait horriblement fort, mais pas à l’unisson, qui joureait toutes les oeuvres de sa saison symphonique à la fois. La musique du sang. “
Pulchra aime.




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